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Eglise de Guadeloupe N°882

Double ordiantion à l'Eglise Saint-Pierre & Saint-Paul !




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La Fête de la Pentecôte clôture le temps pascal. Monté à la droite du Père, après avoir réussi sa mission, Jésus envoie son Esprit pour continuer son œuvre. De salut. Aujourd’hui encore, son Eglise se doit de mener à bien la mission qui lui est confiée, et de se donner les moyens de l’accomplir. C’est pourquoi elle fait appel à la générosité de tous ses membres...

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Bioéthique



Trisomie 21 :
le témoignage de la maman d'Eléonore Laloux

Eléonore Laloux est une jeune trisomique de 24 ans. Sa mère, Maryse Laloux, s'oppose à l'extension du diagnostic préimplantatoire (DPI) à la sélection de la trisomie 21.

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Eglise et société

Dimanche 26 avril 1987:
Rencontre de l’évêque avec des travailleurs chrétiens

En ce début d’année 2009, la Guadeloupe a été secouée par l’une des plus grande crise sociale de son histoire. Les fidèles catholiques n’ont pas été absents de ce mouvement. L’Eglise en Guadeloupe pouvait-elle rester inerte?

Le 26 avril 1987, l’évêque de la Guadeloupe, Monseigneur Ernest CABO, invitait pour la première fois, les travailleurs chrétiens à une journée de réflexion et de célébration sur les réalités du monde du travail en Guadeloupe.
Nous avons retrouvé dans le numéro 448 du bulletin religieux "Eglise de Guadeloupe", dirigé à l’époque par le Père Oscar LACROIX,le compte-rendu de cette manifestation.
Vingt-deux ans après,à sa lecture, ce document nous a semblé d’une telle actualité, que nous avons décidé de le publier de nouveau.
IL est fort par ses interpellations de toutes les composantes du monde du travail. Il est fort par les remises en questions auxquelles il nous invite. Il est fort car il nous interroge sur ce que nous faisons de la Parole de Dieu dans nos vies.
Bonne lecture.




Monument à la gloire du Travail à Bruxelles.



Rencontre de l’évêque avec des travailleurs chrétiens

L’homme doit soumettre la terre, il doit la dominer parce que comme « image de Dieu », il est une personne, c’est-à-Dire un sujet, un sujet capable d’agir d’une manière programmée et rationnelle, capable de décider de lui-même et tendant à se réaliser lui-même. C’est en tant que personne que l’homme est sujet du travail. C’est en tant que personne qu’il travaille, qu’il accomplit les diverses actions appartenant au processus du travail ; et ces actions, indépendamment de leur contenu objectif, doivent toutes servir à la réalisation de son humanité, à l’accomplissement de la vocation qui lui est propre en raison de son humanité même : celle d’être une personne.

Jean-Paul II (Laborem exercens, n°6)




Le Père CABO nous avait convoqués en ces termes :

Le dimanche 26 avril 1987… j’invite les travailleurs chrétiens à participer à une journée de REFLEXION et de CELEBRATION sur les réalités du monde du travail en Guadeloupe :
- Pour partager les inquiétudes et les souffrances,
- Pour partager les joies et les épreuves qui les habitent ;
- Pour connaître la parole de Dieu et la parole de l’Eglise en vue d’une transformation des réalités de ce pays.
J’invite à cette rencontre toutes les différentes catégories de travailleurs, tous ceux qui sont à la recherche d’un emploi, des jeunes en formation. Cependant, tous les travailleurs ne participeront pas d’une manière effective à cette journée. J’y convoque des délégués des paroisses et des mouvements.

Et le Père CABO nous proposait de réfléchir sur les questions suivantes :
1) Il y a des merveilles et des non-merveilles dans le travail. Qu’avez-vous envie de vous dire les uns aux autres : joies, inquiétudes, souffrances ?..
2) La Parole de Dieu vous aide t’elle a comprendre le sens de votre travail ?
3) Sur quoi auriez-vous aimé attirer l’attention des responsables de notre société, des autres travailleurs ?
4) Quelle suite donner à cette journée ?

La rencontre :

Le 26 avril, une bonne centaine de travailleurs, délégués, représentent les groupes de base qui ont préparé cette journée. Ils viennent de toute la Guadeloupe avec une délégation importante de Marie-Galante. Ils ont avec eux de très beaux panneaux qui représentent différents aspects de leur vie de travail.
D’emblée, on remarque l’importance de la présence masculine. Il y a environ 2/3 d’hommes, 1/3 de femmes, de toutes professions, avec une majorité de gens aux métiers humbles :
- employés communaux, femmes de ménages,
- agriculteurs, ouvriers agricoles,
- marins-pêcheurs, ouvriers de différentes catégories professionnelles
- vendeuses, marchandes ambulantes, électriciens, menuisiers,
- employés de bureau, fonctionnaires,
- travailleurs dans le bâtiment : maçons, peintres, etc…
- infirmier (es), aide-ménagères, instituteurs (trices),
- chauffeurs : poids lourds, taxi, etc…
- sapeurs pompiers, gardiens de la paix,
- chômeurs, travailleurs temporaires, jeunes à la recherche d’un emploi, etc…

En ouvrant la journée le Père CABO insiste sur notre dignité de travailleur :

« Dieu nous a créé à Son image. Jésus-Christ à) pris corps dans une famille de travailleur, il a lui-même travaillé. Le travail est important, sans travail qui sommes nous ? Les pages ont souvent rappelé le sens fondamental du travail : « Non pas l’homme pour le travail, mais le travail pour l’homme » affirmait Paul VI. Alors que l’homme est là le plus souvent pour produire…, il n’est pas vu comme un collaborateur de Dieu. Or l’Eglise c’est nous ! Voir ensemble ce qu’on peut retrouver comme sens du travail à partir de Jésus-Christ qui nous rassemble. Ensemble en Eglise, nous situer dans ce pays ».

Nous nous retrouvons alors par petits groupes – toutes professions et localités confondues - pour faire une première synthèse : chaque délégué fait remonter le travail de son groupe de base. Ensuite mise en commun de tous les groupes, suivie d’un débat.

La mise en commun fait apparaître, avec accuité, les difficultés du monde du travail en Guadeloupe. Nous relevons des merveilles mais la liste des non-merveilles est, hélas, beaucoup plus longue :



MERVEILLES

- le fait d’avoir un travail, si petit soit-il,
la joie d’aller au travail
- joie de se sentir utile, responsable de la tâche confiée,
- satisfaction du travail bien fait,
joie de créer
- amour de son métier : c’est épanouissant, cela permet de se réaliser en tant qu’individu.
- Solidarité, entr’aide,
bonne collaboration, joie d’équipe soudée.
- bonne organisation du travail, compétence,
- gagner sa vie.
le travail chasse l’ennui.
- faire une bonne récolte, une bonne pêche
- arriver a supporter les difficultés pour changer quelque chose.


NON-MERVEILLES

- les fermetures d’usines,
. l’évolution de la technique qui freine l’embauche,
. le chômage,
. l’insécurité de l’emploi,
. la peur du lendemain…
- l’exploitation :
. gain insuffisant pour le travail fourni,
. des patrons encouragent le travail au noir,
. exploitation des étrangers, non déclarés,
. les ouvriers n’ont pas leur salaire à la date de la paie ; pour certain des salaires non- payés depuis 4 mois.
. les licenciements abusifs,
. la défense des intérêts personnels au détriment des intérêts généraux


- les abus des patrons :
. les jeunes femmes qui doivent être à la merci du patron, des hommes politiques,
. certains patrons renvoient des femmes enceintes,
. refus d’intégration des jeunes.

- dégoût du travail, travail sans intérêt, de routine : l’irresponsabilité, le gaspillage, la passivité,
- la jalousie entre ouvriers,
- la méfiance des travailleurs entre eux.
- La pêche non rentable (charges sociales trop lourdes, matériel trop cher..).
- L’application de al loi programme sur la mobilité.

Ce tableau nous fait comprendre combien le travail est souvent, pour nous le lieu de :

- l’exploitation, de l’écrasement,
- de l’égoïsme.

Parce qu’il est tout « çà », il est souvent le lieu du conflit, du combat. La paix est sans cesse à construire, à faire advenir. Pour réaliser l’amour des autres dans notre vie de travail, nous laissons nous interpeller par la Parole de Dieu, transformer par elle, pour transformer à notre tour toutes les réalités humaines qui sont les nôtres ? Comment l’accueillons-nous dans vie de travailleurs ?

Nous ne la connaissons pas toujours assez pour mieux comprendre le sens de notre travail, de notre vie…Parfois nous ne prenons pas le temps d’écouter la Parole de Dieu. La mettre en pratique est encore plus difficile… Elle n’a pas toujours place dans nos vies : nous nous laissons débordés par le comportement des autres, les situations, les événements… Il faut être forts pour porter la Parole de Dieu parce que c’est difficile de se comporter avec amour, de faire quelque chose avec amour : souvent nous n’avons pas la possibilité de faire ce que nous aimons. Quand nous nous débarrassons de ce que nous avons à faire nous ne pensons pas à bien faire toutes choses, à embellir le monde pour continuer la Création comme nous y invite la Parole de Dieu.

Elle nous est donnée aussi pour nous ouvrir aux autres, au dialogue avec les autres.
L’Evangile, particulièrement, est source pour notre vie de foi. Le vivre c’est reconnaître Jésus-Christ dans l’autre, surtout chez le plus petit et le plus pauvre, savoir l’écouter, le comprendre, pardonner, partager… Mais cela ne nous est pas naturel, c’est pourquoi c’est exigeant et si difficile !

Pourtant, si nous prenons au sérieux la Parole de Dieu elle prendra corps, peu à peu, dans toute notre vie. Mais sentons-nous nos résistances ?…
Elle nous dérange, nous désinstalle ; nous bouscule, bouleverse tout.
Déjà elle nous fait voir « autrement » le monde dans lequel nous sommes, confié à notre responsabilité pour en faire une terre où tous puissent vivre, une société juste et humaine.

Nous sommes convaincus de cela c’est pourquoi, compte tenu de ce que nous vivons, nous osons prendre la parole pour dire :

Aux responsables de la société en Guadeloupe :

- Qu’ils soient « responsables », moins corrompus (hommes politiques et de l’administration),
- Qu’ils pensent et préparent l’avenir du pays,
- Qu’ils ne permettent pas que les meilleures terres de Guadeloupe partent dans l’immobilier,
- Qu’ils prennent en compte les désirs des travailleurs au pays, qu’ils assurent la formation des travailleurs : adultes, jeunes, et n’importent plus le personnel qualifié,
- Qu’ils réinsèrent les gens au chômage,
- Qu’ils travaillent pour le bien commun et non pour leur gloire personnelle,
- Qu’ils respectent les textes législatifs et réglementaires,
- Que les employeurs respecte le code du travail et le code communal : à cause du chômage, beaucoup embauchent à n’importe quelles conditions.

Aux syndicats :

- qu’ils défendent les travailleurs, et non d’abord, l’image du syndicat.

Aux responsables de l’Eglise :

- Qu’ils évangélisent à partir des réalités de la vie pour faire l’unit du chrétien : que celui-ci ne soit pas un homme différent à l’église et au dehors,
- Qu’ils éduquent à la responsabilité.

Un groupe demande :
- Quelle part doit prendre l’Eglise dans les changements de mentalité et de comportement ? Mais nous rappelle que l’Eglise s’est nous !

Aux autres travailleurs :

- que nous soyons responsables là où nous sommes,
- que nous nous sentions responsables de l’Eglise : commencer quelque chose, oser nous engager.
- Que nous apprenions à nous respecter mutuellement, à nous comprendre, à vivre la solidarité et l’entr’aide.

Tous ces appels, toutes des interpellations, jaillissent de la vie des travailleurs, de leur expérience sur le terrain. Engagés dans la réalité humaine du travail ils peuvent la faire connaître, provoquer une réflexion sur elle, une prise de position…C’est ainsi que, dans l’histoire récente de l’Eglise, le rôle des travailleurs chrétiens a été déterminant et a orienté l’évolution de la pensée de l’Eglise sur les réalités économiques et sociales. C’est à partir de ce qu’ils vivaient que sont nées toutes les encycliques sociales des papes depuis Léon XII avec RERUM NOVARUM en 1891, jusqu’à Jean-Paul II.

C’est ce que nous explique le Père Oscar LACROIX dans un langage simple et si vivant que nous avons beaucoup de plaisir à découvrir avec lui tous es documents. Il nous donne envie de les connaître mais, comme nous ne pourrons pas les lire tous, il insiste sur les plus importants qu’il nous conseille de lire ou d’étudier en groupe :
- L’Encyclique de paul VI en 1967 : POPULORUM PROGRESSIO
- La lettre au Cardinal ROY, de Paul VI en 1971 (réalité sociales et politiques)
- L’Encyclique de Jean-Paul II en 1981 : LABOREM EXERCENS (Le travail humain)

Ainsi la pensée de l’Eglise est enracinée dans ce qui fait la situation concrète des travailleurs, dans le contexte socio-économique et politique qui est le leur, à une époque donnée.

Ceci nous fait prendre conscience de la nécessité de nourrir notre foi et nous provoque à prendre les moyens qui s’imposent :
- méditation fréquente de l’Evangile,
- étude des documents officiels de l’Eglise,
- étude des réalités sociale, économiques et politique du monde dans lequel nous sommes.

Notre vie est confrontée à tout cela. Notre foi aussi si elle anime toute notre vie !

Il n’est pas possible de tout dire sur cette rencontre. Ce qui fait la richesse de cette journée : c’est d’abord le sérieux de la préparation dans les groupes de base qui ont apporté leur vie. Tout ce qui a été dit, exprimé, était chargé du vécu, du quotidien. C’est la vie dure des travailleurs qui était présente, là.
C’est ensuite ce moment important de partage, de rencontre avec l’autre, par le travail, qui a été vécu dans un climat d’écoute réciproque, de profond respect, de communion.

Au début, la prise de parole était assez timide, on restait sur des généralités. Mais très vite le débat est devenu très animé, très vivant, presque passionné. Nous l’avons trouvé trop court ; on a tellement de choses à se dire, à partager des réalités de notre vie de travail qui interroge notre foi ! On aurait aimé aborder ensemble tous les problèmes qui se posent à nous.
Mais hélas il faut clore le débat !

En fin de journée nous avons recueilli toute cette vie avec :
- ses espoirs,
- ses souffrances,
- ses détresses parfois, pour la porter ensemble dans la prière à la messe concélébrée par le Père CABO et les prêtres qui ont participé à cette journée : S.PLAUCOSTE, A.BLANCHARD, R.GABORIT.

Pour répondre aux souhaits de tous, le Père CABO propose d’instituer une rencontre avec les TRAVAILLEURS CHRETIENS chaque année.

ET pour assurer la suite, les rapporteurs des groupes formés ce jour-là, prévoient de se retrouver le 5 juin 1987, avec le Père CABO, pour évaluer la journée, donner des orientations de travail à tous les groupes de base.

Le 26 avril 1987 est une date importante pour l’Eglise de Guadeloupe : Ce jour-là, les travailleurs chrétiens se sont mis ensemble et ont décidé de se mettre en marche !




Le Secrétariat des Travailleurs Chrétiens.

Source: EDG n°448 2ème quinzaine de juillet 1987









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