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Eglise de Guadeloupe N°910

La moisson est grande, les ouvirers peu nombreux !


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A Noter

LE DENIER DE L'EGLISE

...Le Denier de l’Eglise est la contribution volontaire que chaque catholique est appelé à verser. Il est à l’Eglise ce que l’Impôt est à l’Etat. Le Denier de l’Eglise est librement consenti par les fidèles et « chacun donne selon son cœur ». Il permet à l’Eglise de vivre, d’agir et de se développer en remplissant la mission que le Christ lui a confiée. »...

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Horaire des messes

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Jeunes



2500 étudiants à Ecclesia Campus

2500 jeunes sont attendus à Rennes les 4 et 5 février pour "Ecclesia Campus". Amaury Rony, vice-président de Chrétiens en Grande Ecole (CGE), fait partie de l'équipe qui pilote le rassemblement national étudiant.

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Foi et vie Chrétienne



Des indications pour l'Année de la foi

Une Note de la Congrégation pour la doctrine de la foi donnant des indications pastorales pour l'Année de la foi sera signée par le pape Benoît XVI le 6 janvier et publiée le lendemain. Elle a été rédigée en collaboration avec certains dicastères et le Comité préparatoire de l'évènement.

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Solidarité

La solidarité avec Haïti se met en place.

De retour de mission en Haïti, l’Econome diocésain M. Jean-Pierre ADÉLAÏDE a remis son rapport à l’Administrateur diocésain, avant de l’exposer devant le Conseil Diocésain pour les Affaires Économiques (C.D.A.E). Il a accepté de répondre aux questions de notre rédaction.


Vous avez effectué à la demande de l’Administrateur diocésain, une mission de 3 jours en Haïti, que pouvez-vous nous dire de cette mission ?

Monseigneur Jean HAMOT m’a désigné pour cette mission très certainement à cause de son contenu même. Bien sûr il s’agissait de témoigner à l’Eglise en Haïti, à ses dirigeants la solidarité de notre diocèse. Il faut rappeler que le diocèse de Guadeloupe a passé avec un certain nombre de congrégations qui œuvrent en Haïti, des conventions de mise à disposition de prêtres. C’est ainsi que toutes congrégations confondues, pas moins de 15 prêtres haïtiens assurent leur ministère en Guadeloupe.

D’autre part il s’agissait de remettre aux responsables de l’Eglise et des congrégations le produit des quêtes et dons qui ont été collectés depuis le mois de janvier en Guadeloupe. C’est ainsi que plus de 92 000 € ont été remis à la Conférence Episcopale d’Haïti et aux responsables des différentes congrégations religieuses avec lesquelles nous entretenons des liens conventionnelles.

Enfin, et c’est peut-être la partie la plus technique de cette mission il s’agissait de faire le point avec les autorités religieuses, de se mettre à leur écoute, de vérifier les priorités dans l’aide à apporter à court et moyen terme, afin d’adapter les efforts logistiques et financiers, en sollicitant la solidarité des fidèles guadeloupéens en connaissance de cause. Il faudra aussi identifier les concours techniques et financiers à apporter dans la reconstruction de l’immobilier de l’Eglise catholique en Haïti.



Alors, quels enseignements tirez-vous de cette mission ?

Tout d’abord je voudrai partager avec vous cette remarque très pertinente d’un Ingénieur polytechnicien qui a participé à une Mission Interministérielle de la France du 5 au 9 février 2010 en Haïti :
« La catastrophe du 12 janvier, en ruinant la capitale et les grandes villes haïtiennes, a réveillé les consciences, parce que ce séisme ouvre le formidable défi de la reconstruction. Les destructions massives constatées n’ont hélas rien d’inattendu, du fait de l’inexistence de codes de construction et plus spécifiquement de l’absence de règles parasismiques, de la non adéquation entre le type de fondations et la qualité du sol, de la mauvaise qualité du béton et de sa mise en œuvre... Plus grave encore, les constructions édifiées depuis les années 1910 - qui ont connu l’avènement du béton armé - à nos jours ne respectent même pas les règles élémentaires de bonne construction hors zone sismique. »

Tel est le constat d’un spécialiste. Il est donc évident qu’il faudra, avant toute reconstruction reconsidérer « l’acte de construire » lui-même, en faisant prendre conscience à tous les acteurs (Maître d’Ouvrage, Maitre d’œuvre, entrepreneurs, contremaîtres, ouvriers…) que la catastrophe que vient de vivre Haïti se reproduira s’il n’y a pas la volonté de respecter des normes de construction strictes applicables dans des régions à risques (cycloniques et sismiques), qui alourdiront forcement le coût de la construction.

Il faudra aussi reconsidérer la qualité des matériaux utilisés dans la construction, qui détermine la qualité du béton. Il faudra certainement installer des centrales à béton qui sont aujourd’hui inexistantes, et sans lesquelles aucune norme ne peut être garantie.
C’est sur la base d’une telle analyse que l’on comprend que l’assistance à apporter aux décideurs dans l’Eglise haïtienne ne peut être que financière. Elle doit être d’abord technique et par la suite financière.

Nous n’avons pas décelé non plus, la mise en place d’une organisation au niveau des instances nationales de l’Eglise, d’une cellule de la reconstruction dont le rôle serait , après avoir inventorié techniquement et financièrement les dégâts et centralisé ces informations, d’éclairer les autorités diocésaines sur les priorités de la reconstruction, les techniques à employer, les financements à engager , mais aussi sur la nécessité de passer par des structures provisoires préfabriquées (dont il faudra éprouver la tenue aux cyclones et aux séismes), qui compte tenu de l’ampleur des travaux à entreprendre, est une phase indispensable à laquelle les responsables, aujourd’hui, ne semblent pas préparés.

Cette remarque est d’autant plus importante que le temps joue contre les populations qui sont aujourd’hui sous les tentes. Celles-ci ne résisteront ni aux pluies ni au vent. D’où la nécessité qu’il y a de mettre en œuvre en urgence des structures préfabriquées pour les abriter durant la période des grosses pluies qui commence fin mars, et la période cyclonique qui débute dés la fin du mois de juillet.
Ces observations sont aussi valables pour normaliser les activités des paroisses qui n’ont plus ni lieux de culte ni presbytères ou salles paroissiales.


Ecole primaire de Saint-Martial à Port-au-Prince.Empilement des étages.

Quelles sont donc les besoins à satisfaire dans l’immédiat ?

Nous apportons aux congrégations partenaires de notre diocèse une aide matérielle constituée de produits divers de première nécessité, provenant de leurs demandes, et qui est acheminée à nos frais une fois par mois (pendant 6 mois) par fret avion. Ceci pour l’urgence et le quotidien. Sachez que ce système nous permet d’approvisionner deux hôpitaux de fortune tenus par des médecins haïtiens dans l’enceinte de congrégations religieuses.

Il se trouve que rentrant de métropole Monseigneur HAMOT était dans le même avion que Mgr. KEBREAU le président de la Conférence Episcopale d’Haïti (C.E.H) et que Mgr. LAFONTANT évêque de Port-au-Prince, qui revenaient d’une mission à Rome. Ils transitaient par la Guadeloupe. J’ai pu échanger avec eux durant leur escale à Pointe-à-Pitre. Cela nous a permis de valider des actions qui avaient été évoquées lors de ma mission en Haïti.

Tout d’abord, nous avons proposé à la C.E.H d’organiser une réunion d’information à l’usage des responsables diocésains, des responsables des congrégations religieuses, et de façon générale, de tous ceux qui auront à piloter des opérations de reconstruction ou de confortement de bâtiments. Cette conférence dont le thème est : « SEISMES - Imprévisibilité et devoir de précaution »- sera donnée par M. Victor DAVIDOVICI – Ingénieur Polytechnicien Expert dans le domaine parasismique. Elle aura lieu Mardi 6 avril 2010 à la salle Jean-Paul II de la paroisse Saint-Pierre de Pétionville.

A la suite, nous allons dépêcher une mission composée d’un architecte et d’un ingénieur de bureau d’études pour appréhender les conditions de la construction aux normes parasismique et cyclonique dans l’environnement haïtien (qualité des matériaux sur place, technicité des entreprises, etc…). Cela au bénéfice de la C.E.H et des diocèses d’Haïti.

Mais surtout, nous avons proposé à la C.E.H et aux diocèses haïtiens qui le souhaitent, une assistance dans la mise en place de leur « cellule de la reconstruction » et proposer de lancer un plan d’action pour l’Eglise en Haïti en fournissant les consultants idoines. Enfin, nous préparons des échanges avec les établissements techniques de l’enseignement catholique (C.F.A, Lycées professionnels) qui œuvrent dans les métiers du bâtiment, pour contribuer à la formation des ouvriers haïtiens aux normes de construction.

Vous voyez donc que l’aide apportée par notre diocèse est à caractère très technique, car nous savons bien que comparer aux besoins financiers, notre diocèse seul ne pourra pas faire face. Je crois que les autorités de l’Eglise en Haïti sont très sensibles à la pertinence de nos interventions qui répondent pour elles à un besoin certain.


Ecole primaire Saint-Martial.Salle de classe.

Les autorités haïtiennes semblent très regardantes sur la maîtrise par les haïtiens de la reconstruction de leur pays. N’y a-t-il pas un risque de froisser certaines susceptibilités en intervenant comme conseil ?

Quelle que soit la nature et l’importance de l’aide qui sera apportée à l’Eglise en Haïti, quelque soit le niveau auquel cette aide sera apportée, il faudra faire très attention à ne pas heurter inutilement des susceptibilités bien compréhensibles dans la situation actuelle. Notre diocèse a été présenté aux autorités religieuses haïtiennes comme acteur d’une relation équilibrée, empreinte de solidarité en Eglise. Nous avons justifié notre offre de service comme étant le juste retour de l’aide apporté par l’Eglise en Haïti dans la gestion de la pénurie de prêtres que connait le diocèse de Guadeloupe. Il est vrai que les nombreuses conventions signées entre le diocèse de Guadeloupe et différentes congrégations religieuses en Haïti témoignent d’une habitude de travail qui facilite le dialogue en de telles circonstances.


Ecole primaire Saint-Martial.Escalier.

Ne pensez-vous pas que l’aide à apporter soit disproportionnée par rapport aux moyens du diocèse de Guadeloupe ?

L’ampleur du problème qui est devant les autorités de l’Eglise en Haïti nous incite à dire que la seule action du diocèse de Guadeloupe , ne permettra pas de les aider suffisamment. Il nous semble indispensable d’inciter d’autres diocèses à emboiter le pas vers cette Eglise sœur, dans le pays le plus pauvre et le plus défavorisé des Amériques, mais où « l’Eglise servante » permet à toute une population de surmonter ses malheurs et d’affirmer sa foi.









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