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2 Avril 2005 : Il y a 15 ans, Jean-Paul II

 
Au cœur de ce Carême singulier, à quelques jours de la semaine sainte, nous nous souvenons du samedi 2 Avril 2005, quelques jours après Pâques. Jean-Paul II, 264ème successeur de Pierre, nous quittait après un long pontificat de  26 ans.

La planète entière s’unissait dans l’hommage à cet homme venu de sa Pologne lointaine qui a fait entrer l’Eglise dans le troisième millénaire. Elu pape en octobre 1978, succédant à Jean-Paul Ier , pape pendant 33 jours seulement, voici qu’il a sillonné les cinq continents, a permis les changements en Europe et dans le monde en 1989 et a créé les Journées Mondiales de la Jeunesse. Et on se souvient de ce pape jeune de 58 ans, archevêque de Cracovie, « sportif de Dieu » suivant l’expression du Cardinal Marty, archevêque de Paris. Né le 18 Mai 1920 à Wadowice, il y a 100 ans, il fut ordonné prêtre le jour de la Toussaint 1946. Etudes à Rome, vica      ire de paroisse, professeur d’université, il est nommé évêque  en 1958, à 38 ans. Archevêque de Cracovie en 1964, il devient cardinal en 1967..
Témoin émerveillé de ce pontificat, ayant eu le privilège de le voir dans les cinq continents, notamment lors des JMJ ou en Océanie en 1984 et en Afrique en 1993, je veux simplement me souvenir.


Père Riocreux et le pape Jean-Paul II en 1988

Le premier souvenir. Son élection. Jeune prêtre à Nouméa, réveillé par le journaliste de service (10 H de décalage horaire entre Rome et la Nouvelle Calédonie), je pressens dans ses premiers mots et sa bénédiction le changement. Les premiers mots avec sa voix forte : « Loué soit Jésus-Christ ». « J’ai eu peur en recevant cette nomination, mais je l’ai fait en esprit d’obéissance à Jésus Christ et de confiance totale à sa Mère ».  Oui, la foi et la confiance en la Vierge Marie.
Et de suite, dès les premiers mois, la perspective de voyages. Le Mexique en janvier 1979. La Pologne en juin….et la France en 1980. Paul VI le  pape du Concile qui avait voyagé à 9 reprises avait prédit : « Vous verrez combien mon successeur voyagera ». Cette prophétie s’est réalisée au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Les 105 voyages dans  127 pays du monde, et notamment en France à 7 reprises  et dans les Antilles, lui ont permis de rendre la papauté proche des catholiques et de tous.

Le souvenir marquant. Honiara, capitale des Salomon, Mai 1984. Dans son tour du monde qui l’a conduit d’abord en Corée et en Papouasie, puis en Asie à son retour, Jean-Paul II vient pour une journée dans cette ville sur l’ile de Guadalcanal. Un avion de pèlerins calédoniens se pose sur le petit aéroport. Un instant plus tard, l’avion venant de Port Moresby dépose le pape et sa suite. Dans la moderne cathédrale, le pape se recueille et improvise : « Je suis venu vous apporter l’Eglise Universelle et me plonger dans votre Eglise particulière ». Lors de la messe  avec quelques milliers de personnes, pendant la procession des offrandes, le pape reçoit un cochon vivant » ! Il le laissera pour régaler ensuite les prisonniers de la ville. Au terme, il dit son bonheur : « Here, I was at peace ». Ici, dans cette ile paradisiaque, il était en paix et heureux au milieu des mélanésiens.  35 ans plus tard, beaucoup là-bas en Océanie se souviennent de ce moment historique.

Et tant d’autres souvenirs. Les JMJ de Compostelle en 1989 à Toronto en 2002, avec celles inoubliables de Czestochowa, Denver, Manille, Paris et Rome. Nous y étions et nous nous souvenons.
Nous rappelons aussi l’an 2000,  le Grand Jubilé où les pèlerins sont venus par millions dans la Ville Eternelle.

Jean-Paul II avait fait entrer l’Eglise dans le troisième millénaire, comme lui avait soufflé le cardinal Wyszynski, archevêque de Varsovie le jour de son élection.


1997 (avec la maman de Pere Riocreux)

Les dernières années de ce nouveau siècle. Pape diminué, mais fort dans sa foi. Tous admirent son     courage. 2004. En janvier, la visite ad limina. L’échange avec lui, bref mais intense. Puis, quelques mois plus tard, son  dernier voyage à l’extérieur de l’Italie, à Lourdes en France en août 2004. Son deuxième pèlerinage dans la cité mariale après le premier en 1983. Nous étions tous émus et conscients que ce serait l’ultime rencontre avec ce pape.

2005. Dès janvier, les hospitalisations successives à l’hôpital Gemelli, où il est venu si souvent, notamment en mai 1981 après l’attentat qui a failli lui coûter la vie. Il reconnaissait qu’il avait été sauvé : « Un homme a tiré, et la Vierge a dévié la balle ». Ce survivant qui a pu continuer sa mission jusqu’à la dernière semaine sainte. Le pape, sans voix, qui a béni la foule le matin de Pâques.

Et cette semaine pascale où le monde s’unit à la prière du pape qui vit ses derniers jours. La nouvelle annoncée par les média du monde entier. Le pape se meurt. Le pape est mort. En la fête de la Divine Miséricorde.

Puis, le 8 Avril, les obsèques planétaires avec les centaines de milliers de personnes à Rome, dont les chefs d’état et de gouvernement de tous les pays du monde et des centaines de millions dans tous  les pays, grâce à la télévision.
 Puis,  à la fin de la messe de funérailles, le vent qui referme le livre de la Parole de Dieu sur le cercueil. Et les panneaux qui apparaissent : « Santo Subito ». Qu’il soit proclamé saint tout de suite. Neuf ans plus  tard, en avril 2014, Jean XXIII et Jean-Paul II étaient canonisés par le pape Francois.

Saint Jean-Paul II, priez pour nous !
+ Jean-Yves RIOCREUX, évêque de Guadeloupe