Actualités - Dans le diocèse

Entrée de la semaine sainte dans notre diocèse : grande ferveur partout malgré le confinement


Ce dimanche 5 avril marquait la solennité des Rameaux pour tous les chrétiens du diocèse de Guadeloupe. Et c’est par une messe solennelle célébrée à 8 h dans la cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe à Basse-Terre, et retransmise en direct sur radio Massabielle, et sur plusieurs chaînes de télévision dont ETV, Canal 10, et accessible aussi grâce au site du diocèse, que les chrétiens de Guadeloupe se sont unis par la prière pour marquer le début de la semaine sainte (le service Com. a comptabilisé 120.000 connections en audience ce matin).

Thierry Fundéré, délégué épiscopal à l’information, a su fédérer toutes les énergies pour une prise de son et des prises de vues très professionnelles qui sont parvenues dans toutes les familles et toutes les maisons de notre archipel, et au-delà.
Cette messe des Rameaux présidée par Mgr Riocreux, évêque du diocèse, entouré du père Gérard Foucan curé de Basse-Terre et responsable diocésain pour les séminaristes, et de son vicaire père Bonel Saint-Fleur, assisté du diacre Jean-Marie Lapoussin, était empreinte d’une grande solennité et de beaucoup de ferveur malgré une cathédrale vide. Mathias, jeune de chœur, et deux séminaristes Rémy et Christopher ont assuré le service et les lectures.

Magnifique programme de chants mené de mains de maître par Joël Gustave-dit-Duflo accompagné de quatre chanteurs impeccables du groupe d’hommes de Baillif. Cet ensemble émouvant était soutenu aux grandes orgues par Jean-Michel Lesdel, titulaire, dont les accompagnements ont permis à chacun d’intérioriser parfaitement la liturgie. Les commentaires sobres mais profondément justes donnés par Thierry Fundéré  permettaient à chaque participant en confinement de suivre le déroulement de la cérémonie : depuis l’entrée solennelle avec les rameaux, le psaume splendide « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! », la lecture de la passion, l’homélie de l’évêque et la liturgie eucharistique.

Face au tragique de la pandémie qui paralyse le monde, Mgr Riocreux a commencé son homélie par cette phrase de Paul Claudel, pleine de sens et de gravité : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer, mais Il est venu la remplir de sa présence ». Ainsi toutes les personnes qui souffrent, toutes les familles endeuillées, tous les personnels soignants qui sont au front, toutes ses personnes sont habitées par Jésus et vivent de Lui et pour Lui. « Nous vivons non pas un carême d’intention mais de réalité, a poursuivi Mgr Riocreux citant le cardinal Vingt-Trois qui constate la grande vulnérabilité de notre époque ». Et, suivant les textes de la messe, Mgr l’évêque n’a pas hésité à relier la grande Histoire avec notre condition d’aujourd’hui en citant le beau texte d’un de ses amis journalistes Elie Maréchal : « Une réflexion personnelle (pendant que je taillais dans mon jardin) : le judaïsme puis le christianisme nous ont appris et répété que Dieu se manifeste dans l'histoire et nous Le connaissons ainsi depuis des siècles, des millénaires... Donc dans les événements actuels, il est historiquement et mystérieusement présent. Certes les Hébreux ont récriminé contre Lui auprès de Moïse, mais sans le rejeter. De même, lors de la ruine de Jérusalem, de la déportation, de la destruction du Temple : ces événements tristes n'ont pas amené à nier l'existence de Dieu, mais à s'interroger sur sa présence mystérieuse dans l'histoire, son amour ». Puissions-nous être ainsi inspirés par l'Esprit Saint pour poursuivre une telle fidélité vis-à-vis du Père présent dans l'aujourd’hui de nos épreuves. Amen.
Le magnifique chant « Victoire tu règneras » concluait cette belle et profonde eucharistie des Rameaux, tandis qu’une improvisation magistrale à l’orgue permettait à notre méditation de se poursuivre les yeux mi-clos.

Prochains rendez-vous jeudi saint (la cène du Seigneur), vendredi saint (la passion du Seigneur), samedi saint (veillée pascale) et dimanche (la pâque du Seigneur), toujours à la cathédrale de Basse-Terre.
J.-M. Gauthier

Témoignage de Marguerite T. (grand-mère sur son lit d’hôpital au CHU de Pointe à Pitre) :
« Oh merci à tous ! J’ai pu tout suivre, et bien que très affaiblie et sous perfusion, j’en ai éprouvé un vrai réconfort et une grande émotion qui vont me permettre de garder espoir pour arriver à Pâques, et pour, je l’espère bien, guérir et rentrer à la maison auprès des miens, après ce moment si difficile et qui m’a fait si peur ! »